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DE 1815 à 1839 - Apocalypse climatique, Jean Anzévui, un premier touriste au col d'Ollon, Fröbel et le peuple évolénard

En Valais, la situation sociale va de mal en pis : dix-sept ans de troubles ont appauvri le canton. Aux disettes, mauvaises récoltes, à l'entretien des troupes étrangères et à le levée de troupes viennent s'ajouter les frasques du climat.

1816-1819, Dérèglement climatique, famine et avancée des glaciers
Durant l'été 1816, point culminant de toute une série (de 1618 à 1818) d'années consécutives rigoureuses aux hivers interminables - avec chutes de neige en grandes quantités - séparés les uns des autres par des fantômes d'été pluvieux et sans chaleur, la limite de la neige n'a pas dépassé les 2000m. Les météorologues du XXIe siècle attribuent ce temps pourri aux explosions d'un volcan indonésien, le mont Tambora. Entre le 5 et le 15 avril 1815, il connut une série d'éruptions, expédiant dans l'atmosphère des milliers de tonnes de poussières qui ont provoqué un «hiver volcanique». En 1809 déjà, une explosion tropicale inconnue d'une importance considérable avait déjà semé la pagaille sur les années 1809-1810, particulièrement froides et misérables.

« Année de la misère » en Suisse romande, « année de la famine » en Suisse alémanique. C'est sous ce genre d'appellations que 1816 entre dans les annales: Des températures inférieures de 2.5°C à la moyenne, des pluies diluviennes dès la mi-juin et pratiquement ininterrompues durant tout l'été.

«Un horizon constamment chargé ne laissait arriver de l’astre vivifiant que de pâles rayons, incapables de procurer à la terre la chaleur indispensable à la fécondation des germes et des plantes», écrivait un siècle plus tard l’historien vaudois Marc Henrioud. Dès juillet, il devient évident que les récoltes souffriront. Des « prières publiques pour détourner les calamités qui menaçaient les campagnes » sont ordonnées par les gouvernements, mais rien n'y fait : les alpages restent couverts de neige, rendant la saison des estivages excessivement piteuse. En août, l’évêque de Sion est sollicité pour le rétablissement de fêtes religieuses supprimées, mais refuse d'entrer en matière. Les vendanges ont lieu début novembre alors que les raisins ne sont même pas encore mûrs. À Hérémence, il sera dit qu'on versait de l'eau bouillante dans les tines pour faire fermenter la vendange. (Ant.-Marie Seppay)

A quels expédients n'eut-on pas recours, pour combattre les affres du froid et de la faim? En 1916, le récit de M. Maurice Gabbud, fait de témoignages recueillis sur l'an de misère au val de Bagnes, situation qui devait être similaire à celle vécue dans le val d'Hérens, apporte quelques maigres renseignements arrachés assez péniblement à l'infidèle mémoire des vieillards de l'époque.

->L'an de misère au val de Bagnes (utilisateurs enregistrés)

Effets directs de cette apocalypse climatique, de notables avances de glaciers sont signalées partout dans les Alpes. Comme l'observera l'ingénieur en chef de l'État du Valais, M. Ignaz Venetz, dans son « Mémoire sur les variations de la température dans les Alpes de la Suisse » qu'il rédigera en 1821, les glaciers qui se trouvent sur des pentes rapides, chargés d'une nouvelle masse , s'enfoncent d'une manière étonnante dans les régions inférieures. Dans la vallée d'Hérens, un glacier, dit-on, avance avec un bruit semblable a celui du tonnerre, faisant à la fois des pas de plus de dix pieds (3 mètres) de longueur. Les grands glaciers qui ont peu de pente et soutiennent cette nouvelle charge gagnent beaucoup en épaisseur. N'avançant que très peu durant la période 1815-1818, ils suivront leur marche progressive jusqu'en 1845 alors que les autres battent déjà en retraite avant d'entamer à leur tour un inexorable recul : vers 1840-1850, le glacier d'Arolla arrivera jusqu'au torrent de la scierie, près de l'hôtel du Mont-Collon.

A Evoléna, le dernier village du dixain d'Hérens, on trouve encore des familles originaires de Praborgne (Zermatt) et réciproquement. En 1816 le 20 Avril, cette dernière commune rachète du chapitre de Sion une redevance provenant d'une procession annuelle, que cette commune fait jusqu'à Sion, en passant par les vallées de Tzmut et d'Hérens. La montagne qui sépare ces deux vallons, est actuellement couverte de glaciers, qui rendent ce passage tellement dangereux que les chasseurs les plus hardis ont de la peine à pénétrer d'une vallée a l'autre ; nous ne connaissons que le seul Joseph Perren qui , de nos jours, ait traversé cette montagne.

En juillet 1816, Mary Shelley, l'auteure du tumultueux « Frankenstein » – roman qui porte les stigmates de cet été sans soleil -, et son mari Percy, comptent parmi les témoins étonnés de cette glaciation alarmante. Comme mentionné dans « L'année sans été » (D'arcy Wood Gillen), - synthèse sur le cataclysme mondial qui suivit l'éruption du Tambora – Les Shelley, en voyage dans les Alpes, sont époustouflé par les immenses rivières du glacier des Bossons, situé sur les flancs sud du Mont-Blanc, qui descendent des montagnes jusque dans la vallée comme un python géant blanc à la vitesse, selon les dires de leur guide, d'un pied par jour (30 cm). « Les Alpes constituent l'endroit le plus désolé du monde » : à son retour à son hôtel de Chamonix, l'imagination de Mary Shelley dessine déjà le décor et l'ouverture de son deuxième livre où elle réunira le malheureux monstre et son tout aussi malheureux créateur. Deux ans plus tard, à la fin de la période de refroidissement, le glacier de Bossons aura submergé 5 hectares de terres agricoles et menacé le village de Monquart.

Au cours de l'été 1818, les habitants du val de Bagnes sont témoins d'une scène effrayante: un gigantesque lac, long de 3,5 km, large de 200 mètres et profond de 60 mètres, s'est formé derrière un mur de blocs de séracs déposé par l'avancée du glacier du Giétro au défilé du Mauvoisin. Envoyé par le gouvernement local, M. Ignaz Venetz, authentique montagnard, est chargé de gérer une crise d'envergure: si le mur cède, les 20 millions de m³ d'eau accumulés derrière ce mur se déverseront dans la vallée, l'inondant jusqu'à Martigny. La débâcle serait d'ampleur biblique. Venetz parvint à éviter la catastrophe en ordonnant le creusement d'un tunnel dans l'immense mur de glace conqiue dans l'espoir de faire s'écouler peu à peu l'eau retenue. Dans l'après-midi du 13 juin, l'eau commença à s'écouler. Trois jours plus tard, le niveau d 'eau derrière le barrage avait baissé de dix mètres. À 16h30, quand le barrage s'effondra dans une chute retentissante, le volume d'eau retenue avait diminué d'un tiers, limitant l'impact de la débâcle dans la vallée: 15 millions de m³ d'eau, de glace et de boue s'abattirent sur le val de Bagnes. A Martigny, ce mur de boue, de glace et de dangereux déchets inonda les rues et les maisons jusqu'au deuxième étage. Le travail courageux et intelligent réalisé par Venets sur le barrage a certainement sauvé Martigny d'une destruction totale. « L'année sans été » (D'arcy Wood Gillen)

Le 4 juillet 1819 : 106 Valaisans, épuisé de ne vivre que pour souffrir de la faim et de la misère, accompagnés de près de 700 Suisses, partent d'Estavayer-le-Lac pour émigrer au Brésil, dans la colonie de Canta Gallo; il faudra attendre le milieu du siècle pour assister à de nouveaux mouvements migratoires d'envergure, surtout vers l'Argentine et l'Algérie.

Essai statistique sur le canton de Vallais - Bridel, Philippe-Sirice, Zurich: Orell Fussli, 1820

Philippe-Sirice Bridel, écrivain et poète suisse qui contribuera au développement de l'identité nationale du pays, décrit, en page 148-149 de son « essai statistique sur le canton de Vallais », la région d'Evoléna en ces termes :

«  Cette commune reculée qui occupe le centre d'un grand bassin entouré de glaciers, offre de fertiles prairies, de beaux troupeaux et une peuplade pastorale riche de son peu de besoins. Elle est semée de hameaux alpestres tels que Eizaudaire, Forclaz, Villa ; de ce dernier qui est excessivement élevé on descend dans le val d'Annivier. En remontant la Borgne, on entre dans le sauvage vallon de St.-Barthélemi, d'où s'échappe ce rapide torrent : on peut en été, par des sentiers dangereux et peu fréquentés, d'un côté pénétrer du pied de l'Arola à Charmontanne dans le val de Bagnes, et de l'autre passer de Préflori, sous le majestueux massif de la Dent blance, à Praborgne dans la vallée de St.-Nicolas : on y signale l'Alpe d'Abricole dont les nouveaux glaciers ont envahi depuis trois siècles de fertiles paturages. En 1790, on y découvrit les fragments d'une inscription Romaine, qui porte le nom Catululs. Le large plateau qui s'étend entre la Borgne et la Vesonce jusqu'à leur confluent, offre également divers groupes d'habitations pastorales, comme Lana, Mandelong, la Créta, Useigne etc. »
Sur la carte du Vallais d'Heinrich Keller parue en 1820, le val d'Arolla ne porte qu'une seule mention de lieu: un point nommé S.-Bartelemi
1815: la nouvelle Constitution remet en honneur certains privilèges dont le patriciat jouissait avant l'occupation française et la Constitution helvétique de 1798.

Evolène, bien que personne n'y porte de particule nobiliaire, connaît aussi son système de patriciat : celui des possesseurs de la terre et celui de la force brutale.

Son rôle social se borne à plastronner, à briser toute évolution du peuple et de ses institutions, à écraser toute tentative d'émancipation, à s'arroger la part du lion dans la jouissance des avoirs bourgeoisiaux, des forêts, des biens communautaires, tels que les alpages, à étendre sa propriété sur celle du faible voisin, à le coincer aux entournures. La jouissance des biens communautaires est illégalement considérée comme un accessoire proportionnel et un prolongement de la propriété privée.

En 1820, l'évêque de Sion et quelques notables vendent « une partie des Alpes » à un habitant d'Evolène. Jean Anzévui, ancien président de la commune de 1807 à 1810 et adjoint du maire en 1812.

« Le père Anzévui est fou, il achète des glaciers et des pierres », s'écrie-t-on dans la région. Laissant jaser les gens, le père Anzévui achète et achète encore. Toute la partie suisse du Mont-Collon, le glacier de Bertol et la moitié du glacier d'Arolla – quelques milliers d'hectares - deviennent sa propriété.

De 1823 à 1826, il sera à nouveau élu président de la commune d'Evolène.

1827: Val d'Hérens, Eringerthal

(vu du passage des Torrents)

Aquarelliste et dessinateur français né à Strasbourg, Charles-Frédéric Oppermann (1805-1872) terminera sa carrière pharmaceutique comme directeur de l'école de pharmacie de Strasbourg.

En dehors de ses occupations professionnelles, Charles dessine, surtout des lavis et des sépias, et peint des aquarelles. Ses oeuvres concernent des vues de Strasbourg, de l'Alsace, du pays de Bade, de la Suisse et de l'Italie.

Selon le recensement de 1829, le village des Haudères est la plus grosse agglomération de Val d'Hérens, comptant 333 habitants, devant Evolène avec 314 habitants, Villa 102, La Sage 65, La Forclaz 60 et Lannaz 59 habitants.

Peuple de paysans montagnards, les Evolénards vivent essentiellement de l'élevage du bétail et de la culture des champs. Quelques vignes en plaine leur donnent un vin de bon aloi. Ils produisent sur place tout ce qui est nécessaire à la vie: nourriture simple à base de céréales, légumes, viande et laitages; vêtements tissés de laine, de chanvre ou de lin; deures de mélèze et de pierre, couvertes d'ardoise, et chauffées par des poêles de pierre ollaire.

Hildbrand Schiner, docteur de la faculté de Montpellier, nous apprend que « les hommes portent presque tous un bonnet de laine rouge et un collet de même drap et couleur et les femmes et filles un large ruban de même drap et couleur tout à l'entour au bas de leurs jupes ».

En 1832, La Dent-Blanche s'élève au fond du val d'Arolla!

Jusqu'en 1840, à peu près toutes les cartes attribuent à la Dent Blanche une position sur la crête principale des Alpes — on semblait croire qu'une cime si fière avait bien le droit de figurer à côté des autres grands sommets qui se dressent sur cette crête. La position indiquée correspond à peu près à celle de la Dent d'Hérens.

Chaix, en 1832, la place à l'endroit précis où s'élèvent les Dents des Bouquetins, c'est-à-dire sur la grande crête des Alpes et à l'extrémité Sud de l'arête latérale qui sépare les combes d'Arolla et de Ferpècle.

Découvrez l'histoire de ce sommet, ses différents noms et emplacements au cours des 18 et 19èmes siècles !

->La Dent Blanche dans l'histoire (utilisateurs enregistrés)

1836, Markus Lutz, Dictionnaire géographique et statistique de la Suisse
Après avoir suivi des études de théologie à l'Université de Bâle entre 1792 et 1796, Markus Lutz, successivement nommé maître d'école puis pasteur, rédige plusieurs manuels scolaires, mais surtout un Vollständiges geographisch-statistisches Hand-Lexikon der Schweizerischen Eidgenossenschaft, traduit en français l'année de sa parution sous le titre de Dictionnaire géographique et statistique de la Suisse, ouvrage qui sera plusieurs fois réédité et complété. Sont mentionnés dans cette toute première édition :
- Evolena, paroisse située au fond du dixain vallaisan d'Hérens et de la vallée du même nom, là où le climat est âpre au point qu'on aperçoit à peine quelques pauvres champs d'avoine et carrés de légumes. Une population, forte d'environ 900 âmes, qui y mène essentiellement une vie pastorale et se distingue par sa loyauté, sa douceur de caractère et son hospitalité. Une paroisse qui comprend Evolena, la Sage (localité dont les maisons sont disséminées sur le flanc d'une longue montagne), Forclaz, Audeires (qui, quoique situé très près des glaciers, compte encore de bonnes prairies et des pâturages), Pralovin et Lana, et plusieurs autres petits groupes de maisons.

- St. Barthelémy, alpe avec une ancienne chapelle au fond de la vallée de la Borgne, qui se trouve dans le voisinage du grand glacier Rolle. D'où un sentier conduit à travers les glaciers à Aoste en Piémont. La vallée où sont situées cette alpe et cette chapelle s'appelle aussi vallée de St-Bartholomé

- La Becca-Guibert, haute montagne couronnée de glaciers au sud-ouest d'Evolena, qui s'appuie, au midi, au grand Collomb, et au Nord à la Maye.

- Le Grand Colomb, montagne à deux sommités de hauteur à peu près égale au sud-ouest d'Evolena, qui s'appuie au nord à la Stiva et au midi à la Becca-Guibert.

- Les Vegevis, montagne couronnée elle aussi d'un glacier dans la vallée culminant au sud-est d'Evolena et à l'est du glacier de Ferpècle

- La Dent d'Herens ou d'Evolena, haute pyramide qui s'élève au fond de la vallée entre la Rolle et la Dent Blanche (Weisshorn), au-dessus du glacier magnifique de Ferpecle.

- La Sacheneide, montagne à pâturage couronnée d'un glacier qui s'élève en forme de pyramide au midi et sépare la vallée de Ferpècle de celle de la Rolle.

1837, Christian Moritz Engelhardt, Zu den Naturschilderungen aus den höchsten Schweizer-Alpen , u. s. w.
Visite en profondeur de la région des glaciers d'Arola, de Cigoure-neuve et le Mont-Collon
3 août, 1837, 7h30. Arrivés la veille à Evoléna depuis Sion via Bremts, Mase, Onosma et St-Martin - chemin en Eringerthal guidé par un lucernois de naissance ayant participé à la Campagne de Russie en tant que grenadier - nous partîmes, en compagnie du meunier d'Evoléna qui officiait aussi en tant que guide, pour le glacier d'Arola en suivant la Borgne jusqu'à Planatz.
Nous sommes ensuite montés à travers quelques prairies qui laissèrent place à une forêt dense parsemée de mélèzes aux troncs énormes. Dans les gorges à notre gauche, la Borgne était encore recouverte d'un pont de neige, résidus d'une avalanche descendue des Vejui. La monotonie du chemin fut enfin rompue par l'apparition de la chapelle St. Barthelmy, sanctuaire construit à côté d'un immense rocher immense.

Le chemin descendit ensuite vers une grande plaine parsemée de pierres et de galets où nous avons dû progresser durant un quart d'heure à même le torrent.

En amont, le cours d'eau reprît des allures de rapides et nous prîmes sur notre droite une montée abrupte à travers la forêt, entre d'immenses blocs qui avaient eux aussi dû dégringoler, ou alors ont été posés ici par le glacier d'Arola du temps où son étendue était plus importante.
Nous atteignîmes enfin le glacier. Son nom vient d'Arola, appelé aussi Arve, arbre composant les forêts avoisinantes. Là, notre guide héla un pâtre. En sa compagnie, nous sommes montés à droite (direction ouest) durant une bonne demi-heure sur un bel alpage assez raide où se trouvait une cabane d'estive (fromagerie), en longeant un autre grand glacier qui est apparu sur notre gauche, de l'autre côté d'une moraine.
Ce glacier, appelé ici Cigoure-neuve, descendait en angle droit jusqu'à toucher le vrai glacier d'Arola.

Ainsi avons nous renoncé à la ballade sur glace et sommes retournés vers la montagne longeant le coté nord-ouest, cherchant un passage facile au-dessus de la remointse d'où s'ouvre un magnifique panorama. Je me dépêchais de faire une esquisse de la vue avec les particularités concernant les noms locaux révélés en partie par le guide et plus tard par le curé d'Evolena...

A l'est, le glacier d'Arola entoure de ses bras le Mont-Golon (ou Colom, comme l'écrit Monseigneur Berchtold), bras qui se rejoignent devant ce dernier avant de descendre ensemble en pente douce du Sud au Nord.

Sur le bras est du glacier se trouve un tracé : le chemin menant jusqu'au Piémont. Le Mont-Golon est fait de deux bosses rondes, couvertes de couches de neige avec des pointes arrondies, la plus basse qui est plus proche nous renvoie à partir de sa partie est, un écho de cinq syllabes...

Par ailleurs on peut faire le tour du glacier, une promenade qu'a faite M. le Chanoine Anton Berchtold en compagnie du curé d'Evolena à l'occasion de mesures trigonométriques....

Cette paroi rocheuse, véritable Sierra, porte en patois roman le nom de La Vouille de la Za, c'est à dire Aiguille de la Chaux, qui doit donc être faite de calcaire. A l'ouest, le glacier est bordé d'une autre Sierra, le Peigne d'Arola, sommet qui domine toute la région. A son pied, le glacier d'Arola rejoint celui de Cigoure-neuve. À l'ouest du Peigne, enveloppé de tous côtés de neige, s'élève tout en douceur un majestueux cône pas très pointu: le grand Optemma ou Autemma. Au pied de cette montagne descend la moraine qui sépare le glacier de notre alpage. Entre l'Optemma et cette montagne s'étend une gorge ou un haut vallon où le glacier prend son origine. S'en suit une crête qui nous sépare du bassin versant de Bagnes, non loin du col menant lui aussi au Piémont appelé Charmontana ou Fenêtre.

On raconte qu'un des derniers évêques de Sion originaire de la grande famille Riedmatten aurait franchi une fois cette crête par un col appelé depuis col de Riedmatten...

À deux heures, lorsque nous montions vers le glacier, un beau troupeau arrivait de tous les côtés pour se désaltérer et attendre la traite. À trois heures et demies, à notre retour à la remointse, nous le trouvions toujours rassemblé, un plaisir qui comblait cette agréable journée ensoleillée passée sur l'alpage.

Sur le chemin du retour, nous avons alternativement et avec beaucoup de plaisir monté le mulet. Il était 7h30 à notre arrivée à Evolena. Notre souper fut le même que la veille : une soupe au lait et des oeufs mollets et autres victuailles ne demandant pas de préparation. Sur les pâturages d'Evolena, nous sommes tombés deux fois sur des couples de faucheurs rentrant à la maison montant le même mulet.

Mon séjour dans cette vallée fut trop court. J'y ai trop peu rencontré d'habitants, trop occupés par la récolte des foins. Mon entretien avec le curé fut lui aussi trop restreint pour saisir ou apprendre à connaître les moeurs ou habitudes particulières autres que celles cités, notamment celles qui seraient d'importance sur l'origine prétendue des habitants de la vallée : hunnique, hongroise ou sarrasine.

->Eringerthal (Val d'Hérens), Glacier d'Arola et Mont-Colon (utilisateurs enregistrés)

1837, Les familles d'Evolène, par le Dr Olivier Clottu

Même si chacun sait tout faire, il faut à la population des artisans et des industriels. A cet égard, le recensement de 1837 donne de précieux renseignements. Dans la commune, deux maréchaux, deux forgerons et un armurier travaillent le fer, et deux menuisiers, le bois. Il y a aussi six tailleurs de pierre, dont quatre appartiennent à la famille Vuigner. Trois tailleurs cousent les vêtements et trois cordonniers font ou réparent les chaussures. Cinq meuniers moulent le grain nécessaire à la préparation des pains de seigle ou de froment. Un marchand vend ce qui ne pouvait être confectionné dans la vallée. Jean Quinodoz fait le trafic de bétail. Antoine Fauchère est commis. Il y a en outre deux chasseurs presque professionnels, un tambour et trois mendiantes.

1838, Ch. Godeffroy, premier touriste au col Collon

L'augmentation des glaciers a considérablement rendu périlleux le passage du col Collon. Les troupeaux n'y passent plus depuis longtemps, le marché d'Aoste est inatteignable. Les contrebandiers par contre l'utilisent encore fréquemment, mais avec crainte et extrême prudence : en cas de mauvais temps et de brouillard, les vastes champs de neige et les profondes crevasses sont sans pardon. Beaucoup d'aventuriers solitaires y auraient d'ailleurs trouvé la mort.

Premier touriste à s'y risquer le géologue Ch. Godeffroy franchit le col accompagné par des bergers d'Arolla en 1838. Dans son ouvrage intitulé : Notice sur les Glaciers, les Moraines et les Blocs erratiques des Alpes, (Paris et Genève, 1840), il écrit :

« En traversant, au mois d'août 1838, la crête centrale des Alpes pennines, entre Sion en Valais et Aoste en Piémont, par le col d'Ollon, j'aperçus du haut du col, à dix mille pieds d'élévation, des coupes énormes de neige couronnant, sur plus d'un quart de lieue, les escarpements à pic qui bordaient à droite le grand glacier que j'avais à redescendre du côté du Piémont. Ces coupes qui formaient l'extrémité sud-est du vaste plateau de neige du glacier supérieur de la Chermontane, m'offraient la section de ce prodigieux dépôt de trois à quatre cents pieds de puissance; car tel était, pour le moins, leur hauteur. Comme, à ma descente, je dus côtoyer d'assez près l'escarpement de schistes talqueux qui portait ces neiges, j'eus une belle occasion de les observer; ce n'est qu'alors qu'étant plus près, je m'aperçus de la différence qu'il y avait entre les parties supérieures de ces masses et les inférieures; les premières étaient d'une neige de blancheur virginale, et les autres d'une glace compacte d'un vert pâle bleuâtre, disposée en couches horizontales. Le passage de la neige à la glace était comme subit et formait un alignement très visible tout le long de la prolongation de ces coupes. Comme ces neiges reposent sur un plateau très-abrité au nord et à l'est par les cimes et les crêtes, qu'elles ne font nullement coulée et s'accumulent paisiblement sur place, elles me parais..sent offrir un bel exemple du changement que la seule pression du poids, arrivée à un certain degré, opère dans l'organisation de ces masses; et ce fait me semble corroborer mon explication du changement qui a lieu dans les coulées des glaciers. »

«...Depuis Zermatt ou Praborgne dans la vallée de Saint-Nicolas, il y avait autrefois un passage très fréquenté pour arriver à Evolénaz, dernier village de la vallée d'Hérens. Aujourd'hui les cols qui séparent ces deux vallées, sont tellement recouverts de glaces et de neiges que les chasseurs les plus hardis ont beaucoup de peine à pénétrer d'une vallée dans l'autre. La communauté d'Evolénaz a conservé des titres qui prouvent qu'elle possédait aussi la libre entrée dans le Piémont: on s'y rendait alors par le col de la Dent-Blanche ou par celui d'Olon, tous les deux situés au haut de la vallée d'Hérens. Le premier passage est devenu, depuis une centaine d'années, pour ainsi dire impraticable à cause du grand accroissement du glacier de Ferpècle et le second où j'ai passé au mois d'août 1838, n'est plus accessible aujourd'hui qu'aux piétons, et encore est-il très difficile et très dangereux à cause de l'accroissement du glacier supérieur d'Aroles. Nous restâmes 10 heures à traverser les 4 ou 5 lieues de hauts glaciers et de champs de neiges qui forme ce passage».

Godeffroy se trompe en croyant qu que le premier col donne accès dans le Piémont et pas dans la vallée de Zermatt; mais en 1838, les cartes étaient encore très vagues à l'égard de ces régions glacées.

Reise in die weniger bekannten Thäler auf der Nordseite der Penninischen Alpen

Pour le Berlinois Jules Fröbel, établi professeur à Zurich, à la fois géologue, minéralogue, philosophe, botaniste et... communiste, qui donna la première description scientifique du val d'Hérens qu'il parcourut en juillet 1839, ces prétendus Huns, alias sauvages, brigands, païens doivent plutôt être les derniers survivants d'une peuplade celtique, non soumise par les Romains.

Lors d'une randonnée reliant Liopec (val des Dix) à Evoléna, Fröbel traverse le val d'Arolla, aussi appelé Vallon de St-Bartholomi.

«...à deux heures trente nous étions à la hauteur du col de Riedmatten (appelé dans la région Col, collier et pas de Riedmatten). Situé au sommet d'un crête rocheuse, ce col n'est large que de quelques pas. De l'autre côté, la descente n'est qu'éboulis et pentes herbeuse. La vue côté nord sitôt arrivés au sommet est surprenante. On voit apparaître, au sud d'un chaos de pics rocheux sauvages, la douceur de la neige et de la glace. »

Grand et Petit Biégno d'Arolla, Pas de Chevreaux, Mont Russo, Pigno d'Arolla, Montcollon, les Pointes rouges, les Trois Couronnes (Awullietta de la Za, Dengs Perroques, Dents de Visivi), Fröbel est littéralement sous le charme lorsqu'il arrive au « Gétros de Monseigneur » (Arolla). Il y rencontre un « Pàtor » occupé à soigner son troupeau. Ce pàtor, qui est le fils du châtelain Pralong, lui parle d'un passage derrière le Montcollon qui rejoint le val d'Aoste en une journée. « Ce chemin était très emprunté autrefois pour le commerce du bétail, mais il est aujourd'hui pris par les glaces et n'est pratiquement plus utilisé. »

Son chemin le conduira ensuite à La Montà, puis Chatarma. Le soir, il attendra les Haudères, pour son bivouac.

On trouve encore dans l'ouvrage de Fröbel quantité de détails inédits sur le caractère, les habitudes, les conditions d'existence des habitants. Il est surpris, par exemple, de l'absence de chants populaires, qu'il attribue à la séparation de la jeunesse des deux sexes pendant la belle saison, car il n'est pas admis que les jeunes filles rejoignent les garçons à l'alpage.

Si les Hérémençards sont réservés, discrets — ne relève-t-il pas, par ailleurs le contraste dans l'aspect physique des vallées des deux Borgnes — les Evolénards sont des plus loquaces : « Les Evolénards, dit-il, sont en général paresseux... Ils sont excessivement économes et leur constant désir est d'augmenter peu à peu le contenu de leur tire-lire. U n écu tombé entre leurs mains est perdu pour le monde. » Même les gens aisés s'habillent fort mal ; leur garde-robe est des plus rudimentaire. L'homme le plus riche d'Evolène, racontait la servante du curé, n'a que quatre chemises, dont la moitié sont en lambeaux. ...»

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