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1839 - 1840 - Les évènements d'Evolénaz

La Diète fédérale adopte, ce 11 juillet 1839, un arrêté imposant l'unicité du canton du Valais et l'élaboration d'une nouvelle constitution. Face à la présence de deux gouvernements qui se disputent la légitimité du pouvoir, la Confédération impose ses règles.

À la fin de la domination française, le Valais élabora une constitution en 1815 qui donnait à chaque dizain, plus à l'évêque 4 représentants. De fait, le Haut moins populeux avait la majorité sur le Bas.

Dès 1820, une représentation proportionnelle à la population fut réclamée. En 1839, le Valais se retrouve avec deux gouvernements et une nouvelle constitution préparée et votée seulement par le Bas-Valais. Chaque partie faisant appel à la Confédération, la Diète tranche en appelant les Valaisans aux urnes pour élire une Constituante. Seul le Bas le fait. Devant les protestations du Haut, la Diète fédérale recule en septembre. Les incidents d'Évolène de mars 1840 déclencheront une guerre civile éclair qui verra la victoire - temporaire - des Bas-Valaisans mais aussi la séparation de la commune d'Evolène : Les Haudères, les villages sur les rocs et le val d'Arolla formèrent leur propre commune jusqu'en décembre 1844.

Retour sur la Constitution de 1815 et les étapes de sa régénération (utilisateurs enregistrés).

Retour sur les différents évènement d'Evolénaz qui conduisirent le Valais à la guerre civile de 1840

Août 1839 - La politique s'invite dans l'église d'Evolénaz

En 16 août 1839, jour de St-Théodule, Mr. Daniel Favre, curé originaire d'Anniviers à la solde du gouvernement de Sierre et fraîchement nommé dans notre paroisse, se présente à la porte du choeur après les offices divins, appelle ses paroissiens d'une voix lamentable et en se frappant des mains, leur déclare que sa conscience l'oblige à parler des affaires politiques, qu'un jour le sauveur le jugera au sujet de cette constitution nouvelle contraire aux bonnes moeurs, à l'intérêt matériel et spirituel de ses paroissiens, de leurs femmes et de leurs enfants. 

« Jugez-en par vous-même, mes chers frères, combien cette constitution est ennemie de la religion. Elle ne donne même pas ses quatre suffrages à Monseigneur, qui a été prince et préfet du Valais. Ses partisans ne sont que sacrilèges et impies et les violences dont ils pourraient souffrir ne seront que trop méritées. Je vous invite à rejeter unanimement la constitution nouvelle, à vous déclarer pour celle de 1815. En conséquence, les offices de dimanche prochain, jour de votation, seront avancés afin que les montagnards aient le temps d'y assister, de voter et de s'en retourner. Au nom de Dieu et de la religion, je vous somme, peuple d'Evolénaz, à voter pour le maintien de la constitution de 1815 et vous en promet des récompenses éternelles...»

Le peuple d'Evolénaz ajoutera-t-il foi à des paroles si insensées ? Son discours portera malheureusement ses fruits : beaucoup de gens simples et braves croient à la parole de leur curé, les plus mauvais sujets s'en font un prétexte pour maltraiter ceux qui se disposent à obéir à la confédération, et mettent à exécution les intentions de leur pasteur.

Août 1839 - Jour de votation, jour de baston

Les communes des Bains-de-Loëche, Rarogne. Loëche, Granges, Chalais et Chippis n'ont pas voulu voter sur la constitution de 1815, malgré l'invitation pressante du Conseil d'État de Sierre. St-Léonard, que l'on croyait si fortement attaché à cette constitution, a déclaré à une grande majorité qu'il l'a regardait comme abolie et a voté pour une nouvelle reconstitution, à laquelle ses magistrats prendraient part. A Bramois on a eu beaucoup de peine à engager les citoyens à voter, on a couru de porte en porte et la votation ne s'est effectuée que le lendemain. Dans presque toutes les communes du dixain d'Hérens une assez forte minorité s'est abstenue.

A Evolénaz, les partisans de la reconstitution sont nombreux. Le jour de la votation, ils ont été assaillis et frappés. Ces citoyens fidèles à leurs devoirs et à la bonne cause, qui malgré les furieuses prédications de M. le curé forment à peu près le tiers de la commune, s'étaient retirés à l'écart pour entendre la publication de la nouvelle constitution et de l'arrêté des représentants fédéraux. Soudain, quelques individus du parti adverses les ont interrompu, et à un signal donné par un coup de chapeau, ceux qui étaient près du presbytère se sont élancés sur ceux qui écoutaient la publication. S'en est ensuivi une mêlée où les plus nombreux ont rapidement pris le dessus. Sentant leur infériorité, les victimes de cette attaque préméditée prirent la fuite, les principaux ayant été atteints et maltraités. Beaucoup de citoyens qui désiraient s'abstenir de voter ont été pris au collet et contraints de le faire. Le châtelain de cette commune a lui-même été assez grièvement blessé. Voilà donc les procédés des partisans du Haut-Valais, adeptes du recours à l'intrigue, à la supercherie, au terrorisme. En voulant se servir du manteau de la religion pour parvenir à leurs fins, ils l'ont attaquée de la manière la plus cruelle, ils l'ont bravée comme jamais cela ne s'est vu en Valais, si ce n'est au temps de Calvin où ils

A la suite de cette affaire, MM. Les représentants fédéraux écrivirent une lettre au président du dixain d'Hérens, par laquelle ils le rendent responsable des désordres qui se commettront dans ce dixain...

Octobre 1839 - Le Pharisaïsme combiné dans le dixain d'Hérens

Tout le monde sait combien Mr. Favre, administrateur à Evolénaz, met de fanatisme à prêcher contre l'égalité des droits et pour le maintien des privilèges. Il se débat en tous sens comme un forcené, et à peine peut il accorder le temps nécessaire à ses devoirs les plus indispensables, tant se donne-t-il d'embarras à politiquer. Cependant depuis l'importante et charitable leçon qu'il reçut, il y a quelques semaines, à Sion, notre bon administrateur a montré, dit-on, un peu plus de modération et sa conduite deviendrait petit à petit supportable. Eprouvant donc une certaine répugnance à reparaître sur la scène, Mr. Favre, se rappelant les statuts du pharisaïsme combiné, invite Mr. Le curé d'Hérémence à son secours.

Celui-ci, la missive à peine lue, vole à Evolénaz. Dimanche 27 octobre, d'un pas leste et assuré, il monte en chaire, tête levée, où il a tonné au moins cinq quarts d'heure.

Sans trop de préambule, il marcha droit à l'explication des faux prophètes et des pharisiens qu'il définit par des circonlocutions les unes plus larges et plus vagues que les autres. Cette partie néanmoins de son discours, quoique verbeuse et emphatique, pouvait passer, surtout pour une partie des auditeurs dont l'ignorance fait trouver grand mérite à un prédicateur qui, d'un ton déhonté, fait retentir au loin le voisinage. Mais quant il vint à l'application de ses paraphrases, c'est alors qu'il eût ôté toute fantaisie de sommeiller même à quiconque n'eût pas fermé les paupières depuis 14 jours. Il rappela toutes les révolutions européennes civiles et religieuses de tous les temps; il les a toutes attribuées aux mêmes principes erronés, mêmement celles du moyen âge, les révolutions même opérées par Luther et Calvin.

Bientôt il toucha au but de sa mission, à la révolution du Valais. Ah! Ici la chaire ne contient plus le déclamateur. C'est un lion enragé, et, en effet, il perd, je ne dirai pas la contenance d'un prédicateur de l'évangile, qu'il n'a pas eue dès le début, mais, pour ainsi dire, la figue d'homme, tant fait-il de grimaces et de contorsions. Sa voix tantôt aigre et glapissante, tantôt sombre et sourde comme celle d'un ventriloque, fulmine contre les révolutionnaires du Valais, les traitant de faux-prophètes, de pharisiens.

Il se mit en quatre pour prouver que les partisans du nouvel ordre de choses sont des enfants de Satan, père du mensonge, que leurs discours sont faux et trompeurs, qu'ils prennent la forme d'agneaux tandis qu'en réalité ils ne sont rien moins que des loups ravisseurs. Enfin ne sachant trouver d'expédient (parce qu'il n'y en a pas), propre à faire croire au moins à quelques-uns, ses impertinentes allégations, notre prédicateur se prit à comparer tous les écrits, du parti libéral, à l'écho des rochers.

Telle est la manie de nos démagogues: lorsqu'ils sont au bout de leur latin, lorsqu'ils ne trouvent plus d'auditeurs dans les rues, les carrefours des villages ; lorsque dans les maisons même de leurs voisins, aussitôt après le préliminaire, tout le monde prend la porte et qu'ils restent avec les quatre parois ; lorsqu'en un mot ils ne peuvent plus se faire écouter que des gens bornés ou pervertis, et qu'ils ont usé tous les moyens les moins voyants, il n'hésitent pas à usurper la chaire de vérité pour débiter leurs sophismes, proclamer le mensonge, pour intervertir le sens des mots et des phrases ; pour dire que l'écho est faux et menteur, pour décrier les amis du peuple, et pour exalter les meneurs qui s'enrichissent de ses dépouilles.

Le 30 octobre 1839, un citoyen du dixain d'Hérens.

Novembre 1839 - Séparation de la commune d'Evolénaz

Dans sa séance du vendredi 22 novembre 1839, le Grand Conseil décrète la séparation définitive de l'ancienne commune d'Evolénaz. Les communes de Lana et Evolénaz formeront une commune séparée avec, pour ligne de démarcation, les rochers au-dessus d'Evolénaz, le Torrent de la Cléva, celui du Gavyl.

Décembre 1839 - Nouveaux désordres à Evolénaz

De nouveaux désordres ont eu lieu à Evolénaz par suite de la conduite du curé de cette commune à l'occasion de la nomination d'un régent.

De temps immémorial, les villages d'Evolénaz et de Lana, qui ont une école commune, présentent à chaque nomination de régent deux candidats à M. le curé, entre lesquels ce dernier choisit.

Le dimanche 8 décembre, après les vêpres, Mr. le curé d'Evolénaz convoqua, pour le même jour, l'assemblée des communiers de ces deux villages, aux fins de faire choix des deux candidats. L'assemblée eut lieu, en effet, bien qu'il ne fut pas d'usage qu'elle fut convoquée par le curé. Les deux candidats furent choisis, et on se dirigea vers le presbytère pour les présenter à Mr. Le curé, qui, ayant eu connaissance des sujets qui devaient lui être présentés, ferma sa porte et vint annoncer un moment après par la fenêtre qu'il n'accepterait ni l'un ni l'autre; il en avait un troisième en vue et prétendait l'imposer. M. le président Favre ayant été informé de ce qui s'était passé, se présenta le lendemain, lundi 9 courant, au presbytère, accompagné de quelques citoyens, pour engager M. le curé à faire, sans retard, choix d'un régent entre les deux candidats qui lui étaient présentés, à éviter l'éclat et les désordres que pourraient occasionner ses refus prolongés. M. le curé ne voulut rien entendre et refusa même de livrer les clefs du clocher pour sonner la classe, sous prétexte que, lui ayant été remises par Monseigneur, il ne devait les confier à personne. Sur ces entrefaites était entré au presbytère un citoyen d'Evolénaz qui se servit envers M. le curé d'un mot offensant, et pour que le public en connaisse la portée, disons-le: charogne. Mr. Le président Favre et ceux qui l'accompagnaient en comprirent toute l'inconvenance, et se mirent en devoir de faire sortir son auteur du presbytère, à quoi M. le curé crut devoir leur aider en le poursuivant avec force coups de pied au d..

Un tel secours parut étrange aux citoyens d'Evolénaz, ils se retirèrent après avoir manifesté à Mr. Le curé l'étonnement qu'il leur faisait éprouver.

Le même jour, les deux servantes de Monsieur le curé se rendaient au village des Haudères qui reconnaît le gouvernement de Sierre, et revenaient à la nuit close avec quelques hommes armés de bâton. On entendit beaucoup de bruit aux environs du presbytère pendant la nuit. Les citoyens d'Evolénaz restèrent chez eux par précaution.

Le lendemain matin on trouva sur la maison en bois de M. le curé de nombreuses marques de coups de pierre, on trouva des pierres sur les bords des fenêtres, il n'y avait pas un carreau de cassé. Aucune dégradation n'avait eu lieu dans la maison. Tout paraissait démontrer, ainsi que M. le grand-châtelain Solioz lui-même a paru le croire, que les citoyens du village des Haudères, qui s'étaient rendus à Evolénaz cette même nuit, avaient fait cette fausse attaque contre le presbytère pour l'attribuer aux habitants d'Evolénaz et en faire peser sur eux la responsabilité.

M. le curé, prétendant n'être plus en sûreté, déménage en grande hâte, il n'écoute rien et se transporte au village des Haudères avec tout son ménage. Il fit des plaintes amères au gouvernement de Sierre contre les habitants d'Evolénaz.

M. Teytaz fut aussitôt envoyé en qualité de commissaire du gouvernement, accompagné d'un huissier, de Mr. Adrien de Courten, capitaine de gendarmerie, et de quatre gendarmes. Ils arrivèrent à Evolénaz à-peu-près en même temps que vingt hommes du village des Haudères. A bonne contenance des citoyens d'Evolénaz, leurs refus ferme de reconnaître les envoyés de Sierre, quelques canons de fusil montrés aux fenêtres leur ôtent l'envie d'en venir à des voies de fait.

Lire la suite (utilisateurs enregistrés).

Janvier 1840 - Le curé d'Evolénaz au pain sec et à l'eau

Les habitants de la commune d'Evolénaz ont pour usage de faire à leur curé, le jour de la St-Antoine, une offrande consistant en viandes salées de choix. La conduite du curé de cette paroisse pendant le cours de l'année qui vient de s'écouler, son obstination à se mêler de politique, malgré les sages conseils qui lui avaient été donnés et les promesses qu'il avait faites à ses paroissiens, n'étaient pas de nature à maintenir cet usage en lui conservant l'estime publique. Une bonne partie de ses paroissiens ayant perdu toute confiance en leur curé, crurent devoir destiner cette offrande aux révérends pères Capucins à Sion; ce qu'ils firent, en effet, en se recommandant à leurs prières.

Février 1840 - Querelle entre deux jeunes gens d'Evolénaz

Dans la soirée du samedi 4 février, une querelle s'éleva entre deux jeunes gens de la commune d'Evolénaz, appartenant tous deux au parti de Sierre; ils revenaient du marché de Sion. Arrivés à l'endroit dit le Sauterot, une lutte s'engage entre eux; le plus jeune porte un coup de couteau à la cuisse de son adversaire avec une telle violence, que ce dernier tombe et ne peut se relever. - Canaille, tu m'as tué, s'écrie-t-il. Ces mots redoublent la fureur de l'assassin qui tire de sa poche un pistolet chargé; il allait achever sa victime lorsque les témoins de cette scène se jetèrent à ses pieds pour le calmer; ils y parvinrent. Le blessé nageait dans son sang, qui coulait en abondance de sa plaie; il a été transporté dans une maison au Sauterot, où il a été administré peu d'instants après et où il a reçu la visite du médecin d'Hérémence et du vice-grand-châtelain du dixain d'Hérens. Malgré la gravité de sa blessure, on ne désespère pas de ses jours.

L'assassin est un de ceux qui ont pris une grande part aux désordres qui ont souvent eu lieu dans la commune d'Evolénaz et qui répètent à tout propos que la religion est en danger.

Mars 1840 - Emeute à Evolène

Les habitants du village des Haudères , qui reconnaissent le club de Sierre pour leur gouvernement, s'obstinaient, encouragés par les conseils de certain magistrat, à venir chaque dimanche vendre du sel provenant du Haut-Valais dans le village d'Evolénaz, qui reconnaît lui la constitution du 3 août et obéit au gouvernement qui en est émané.

Un tel abus ne pouvant plus être supporté, six gendarmes se rendirent à Evolénaz le dimanche 22 afin de faire cesser ce désordre.

Au sortir des offices, les partisans du gouvernement de Sierre se mirent en devoir de vendre leur sel, malgré les injonctions et les défenses réitérées du président de cette commune.

Ce dernier se transporta au lieu où se faisait la vente, et engagea les vendeurs à se retirer, leur annonçant que, faute par eux de le faire, il se verrait contraint du faire confisquer leur marchandise. Ou n'eut aucun égard à son invitation, et on lui répondit par des injures — M. le président Favre revint un instant plus tard suivi de six gendarmes, et fit aux vendeurs une seconde invitation, à laquelle on ne répondit plus par des injures, mais par des coups. Il appela à son secours, et aussitôt les gendarmes qui avaient attendu devant la porte du magasin, entrèrent et cherchèrent à le dégager des individus qui l'entouraient. Pendant ce temps, un nombre considérable d'habitants des Haudères était accouru devant la porte du magasin, ils saisirent le brigadier et le gendarme. Ces derniers ne voulant pas faire usage de leurs armes, se laissèrent approcher, et tout en se débattant pour défendre leurs carabines qu'on cherchait à leur enlever, parlaient avec bonté à cette troupe de furieux dans l'espoir de les calmer et d'éviter l'effusion du sang.

Cette bienveillance leur devint funeste, car en voulant accomplir leur mission de paix, ils s'étaient engagés dans la foule, dont la fureur redoublait à chaque instant. Pressés de toutes parts et n'ayant plus aucun mouvement libre, ces deux gendarmes ne purent ni se servir de leurs armes, ni les défendre; ils furent roués de coups, culbutés et foulés, leurs vêtements et leur giberne partaient en lambeaux, au cri répété par la foule: il faut les tuer ! Trois autres gendarmes qui, à l'exemple des deux premiers, n'avaient pas voulu faire usage de leurs armes, se voyaient assaillis chacun par deux ou trois hommes qui s'efforçaient de les désarmer, mais ne se trouvant pas comme les autres engagés dans la foule, ils parvinrent à défendre leurs armes à l'aide des vigoureux mouvements du gendarme Meitiaz.

Ce dernier ne s'était point laissé entourer et la pointe de sa bayonette se présentait à quiconque l'approchait; sa contenance et son intrépidité en imposait à ces hommes robustes et furieux; l'un d'eux, se dirigeant sur lui, portait une énorme palanche et se disposait a l'assommer, lorsqu'il vit briller une bayonette près de sa poitrine, et entendit ces paroles: malheureux, tu es mort ! Son courage en fut ébranlé, il se jeta en arrière et laissa tomber sou arme formidable.

Un autre malheureux venait de lancer une pierre à la tête du président Favre ; ce dernier, atteint grièvement à la mâchoire, était tombé couvert de sang; son assassin saisissait une seconde pierre pour l'achever, lorsqu'il fut traversé par la bayonette du valeureux Meitiaz.

Près de là, un autre gendarme était en proie au plus affreux traitement, sa valeur et son courage ne pouvaient le soustraire à ses assassins, l'un d'eux se disposait à lui donner un coup de mort, lorsqu'il fut traversé d'un coup tranchant dans la poitrine; il fut hors de combat.

La scène affreuse qui se passait sous ses yeux, la fureur de ce peuple, la mort qui menaçait ses camarades criblés de coups de pierre à bout portant et l'effroyable position du brigadier et du gendarme qu'on traînait et assassinait, enflammèrent le courage de Meitiaz... Lire la suite (utilisateurs enregistrés).

Les habitants d'Evolénaz, qui ne se trouvaient pas en nombre suffisant pour se défendre contre ceux du village des Haudères qui contient une population double, furent forcés de se rendre. On nous assure qu'ils ont tous signé un acte d'adhésion à la cause du haut-Valais.

La position critique du village d'Evolénaz au milieu de ses ennemis, son éloignement du chef-lieu, la difficulté d'en recevoir des secours, de pénétrer au fond de la vallée d'Hérens où il est situé, ont enhardi ces téméraires.

Mars 1840 - Le Grand Conseil prend sous sa protection la commune d'Evolénaz et Lanaz

Suite aux brigandages qui ont eu lieu à Evolénaz, le gouvernement somme à faire cesser tout armement dans le dixain d'Hérens..

Du côté haut-valaisan, le président du « Conseil de guerre », Alexis « le baron » de Werra, ordonne le 25 mars la mobilisation de tous les hommes aptes à porter les armes; par ailleurs le grand-bailli Maurice de Courten informe le Vorort que la population haut-valaisanne « provoquée et ulcérée, se lèvera en masse et se défendra à outrance ». 17 compagnies seront réparties dans les postes de Bramois, Salins, St-Léonard et Grimisuat, cernant la ville de Sion de 3 côtés.

Le 26 mars, le Grand Conseil se réunit à Sion. Ses séances sont secrètes. Quelques-unes des décisions qui sont prises à l'unanimité devraient être de nature à satisfaire les exigences de l'honneur national.

Le lendemain, il adresse au peuple la proclamation suivante :

Chers Concitoyens !

La commune d'Evolénaz et Lanaz, dévouée à nos institutions nouvelles, est occupée depuis quelques jour par une troupe de forcenés: plusieurs citoyens ont dû abandonner leurs habitations où des garnissaires sont installés: des vieillards, des femmes ont subi d'affreux traitements: leurs jours sont en danger: on emploie la terreur pour que les braves citoyens de cette commune renoncent à leurs convictions.

Des sommations du gouvernement, pour amener la cessation de ces brigandages, sont demeurées sans effet: des troupes du Haut-Valais sont sur pied, des distributions de munitions de guerre ont été faites, de sa part, jusque dans la commune de Nendaz. et tout annonce qu'il a l'intention de soutenir l'agression.

Concitoyens: nos amis sont outragés, maltraités: on a enlevé les armes aux hommes de la milice, le pain nécessaire à la subsistance des familles; ils attendent, avec anxiété, votre secours, il ne faillira pas.

Vous ne demeurerez pas impassibles devant une aussi insultante agression, vous ne laisserez pas succomber des frères qui ont eu foi dans le Valais régénéré, qui ont cru pouvoir émettre librement leur vote, le 25 août, sous l'égide de la Confédération et y demeurer fidèles. Hésiter, en pareille circonstance, serait une lâcheté.

Le Grand Conseil a pris sous sa protection la commune d'Evolénaz et Lanaz: c'est par votre concours qu'elle sera rendue efficace. Il est ainsi ordonné a tous les hommes valides, de 18 à 50 ans, de prendre les armes, au premier appel du Gouvernement. Que tous répondent avec enthousiasme à cet appel : il s'agit de votre honneur, de votre existence, comme peuple indépendant.

Concitoyens , le but de l'armement n'est pas de violenter les opinions: d'imposer une constitution a des populations que de perfides conseils ont égarées, mais d'assurer à nos amis paix et protection. Dès que ce noble but sera atteint, vous rentrerez dans vos foyers, avec la satisfaction que donne toujours l'accomplissement du devoir.

Que les conséquences, s'il en surgit de fâcheuses, retombent sur les agresseurs et leurs soutiens.

Donné en Grand-Conseil, à Sion. le 27 Mars 1840, pour être publié et affiché

Au nom du Grand-Conseil: LE PRÉSIDENT: Joseph BARMAN LE SECRETAIRE : Bonjean

Cet appel pour l'honneur et le bien de la patrie ne tarde pas à porter ses fruits. L'empressement de la milice et des volontaires des dixains occidentaux encombrent déjà la ville de Sion de soldats citoyens. L'enthousiasme créée promptement une armée (7000 à 8000 hommes); à chaque heure arrivent des détachements de citoyens résolus à courir tous les dangers pour venger leur honneur compromis par les scènes brutales d'Evolénaz et par l'arrogance sans égale du club de Sierre.

Pendant que tout s'agite dans les deux camps, le Conseil d'Etat et la commission qui lui a été adjointe s'activent à de sérieuses réflexions sur les suites d'une collision entre les deux partis; ils reculent à l'idée du sang qui devra être versé et qui, à leur manière de voir, ne peut avoir pour résultat qu'une séparation qu'ils espèrent encore pouvoir négocier; les ultimes propositions de paix resteront sans résultat. La ville de Sion est mise en état de siège.

Le clergé de Sion, effrayé de la tournure des chose et craignant les résultats d'un affrontement qu'il n'a pas peu contribué à rendre inévitable, offre alors ses services au Conseil d'Etat et à la commission pour travailler à un arrangement entre les deux partis; le 30 mars, il procurera à St-Léonard une entrevue du gouvernement de Sierre avec une commission du gouvernement de Sion. Sans résultat. Il ne reste d'autre parti à prendre que celui de la guerre...

On le prend et on se décide de l'attaque. La commune de Nendaz est occupée sans résistance le 31 mars par les volontaires de la commune de Saxon et de Martigny sous le commandement de M. Elie Gay. Le même jour, vers les 6 heures du soir, les troupes stationnées à Sion se réunissent dans la prairie de la Planta, pour y reconnaître les chefs qui doivent les commander. Elles applaudissent avec enthousiasme à la nomination de M. le conseiller d'état Maurice Barman comme commandant en chef, de M. Alexis Joris comme Commandant en second, et de M. Guillaume de Kalbermatten. comme commandant de place - Une partie des milices est ensuite conduite à la promenade où elle sera consignée pour la nuit.

Avril 1840 - Guerre civile valaisanne

1er jour d'avril. Quatre heures du matin, les compagnies Duc de Conthey et Ribordy de Riddes qui ont été désignées pour l'attaque du côté de Grimisuat et St-Léonard, se mettent en marche. Arrivées à un quart de lieu de cet endroit, une vive fusillade se fait entendre. L'ennemi, au nombre de 6 à 700, posté sur un mamelon garni de pins touffus qui le protégent, vient de faire feu...

la bataille de Grimisuat se soldera par une logique victoire bas-valaisanne. Des Haut-Valaisans dépités accuseront leurs officiers et tueront Pierre de Courten dans sa maison de Sierre le jour suivant.

-> La guerre civile valaisanne de 1840 (utilisateurs enregistrés).

Un officier de la compagnie Duchoud nous transmet quelques détails sur les opérations de cette compagnie.

Détaché le soir du 1er avril par ordre du commandant en chef de la colonne dirigée contre Bramois, les chasseurs se portèrent sur Salins que le les carabiniers de Loëche, tous bons tireurs, défendaient avec une forte réserve d'Hérens, commandée en chef par Mr. Teytaz, ayant les capitaines Bayard, de Werra, etc, sous ses ordres. La colonne de M. Elie Gay devait venir joindre les chasseurs aux premiers coups de feu ainsi que la compagnie Ribordy d'Entremont, ce qui n'eut pas lieu, je ne sais par quels motifs. Arrivé à mi-chemin, le capitaine Duchoud, chef de l'expédition, me donna l'ordre de ravir la hauteur en ligne directe au travers d'un bois avec vingt chasseurs pour entrer à Salins par la gauche tandis qu'il ferait diversion par la droite, ce que j'effectuai. J'entrai au village avec ma petite troupe avant les 5 heures du matin et peu après arriva le capitaine avec le reste de la compagnie. Incontinent nous fîmes former la chaîne, voyant l'ennemi déboucher d'un bois et descendant à nous sans doute pour occuper le village, mais se voyant devancé et ayant connaissance par les fuyards de Salins de notre petit nombre, il conçut l'idée de nous débusquer et prolongea aussi sa chaîne au-dessus de nous, masqué protégé par les accidents du terrain.

Le premier coup de feu partit vers les 5 heures du matin de notre ligne, après quoi une vive fusillade s'engagea, elle se ralentit un peu au lever du soleil, et continua jusqu'à 3 heures environ du soir ; elle fut de part et d'autre dirigée avec précision ; car bien que nous fussions embusqués derrière des pans de murs et autres retranchements naturels, deux de nos chasseurs furent atteints, des pompons furent coupés, des pans de capotes traversés ; de notre côté, nous leur fîmes beaucoup de mal.

Vers les trois heures l'ennemi battit de toute part en retraite, traînant les blessés dont un a succombé après avoir été transporté à Sion depuis Vex ; nos éclaireurs poussèrent jusqu'aux Agettes sans atteindre l'ennemi, le manteau de M. Bayard tomba entre nos mains ainsi que deux prisonniers, et ce ne fut que vert 6 heures du soir qu'un renfort de deux cents hommes nous arriva commandé par M. Zumoffen de Monthey, auquel s'était joint M. de Bons avec quelques carabiniers; ce dernier eut soin d'envoyer aussitôt un des prisonniers à Sion sous bonne escorte avec notice de l'évènement.

Les chasseurs et le renfort qui les avait rejoints partirent de Salins le 2 avril avant le jour pour surprendre Nendaz et Veysonnaz que l'on croyait occupés par l'ennemi.

N'ayant point de nouvelles de la colonne de M. Elie Gay, ce fut au point du jour au-dessus de ce dernier village que nos gens échangèrent quelques coups de carabines par méprise avec ceux de la colonne Gay ; le chasseur Genolet qui me suivait dans le but de couper la retraite à cet ennemi supposé fut blessé. De là, nous continuâmes notre course par les hauteurs en tombant sur Vex par une manoeuvre à laquelle l'ennemi, s'il eut osé nous attendre, n'aurait pu résister ; ce fut à Vex que les nobles d'Hérémence vinrent fait leur soumission et préparer celle de toute la vallée d'Hérens dans laquelle nous entrâmes de deux côtés le 3 avril après avoir couché le 2 à Bramois.

Pignat, lieutenant de chasseurs

Expédition des Haudères

Le 3 avril, M. le colonel Germain Ganioz prend le commandement de la division Gay, des compagnies Duchoud et des détachements Debons et Ribordy. Ces diverses colonnes sont dirigées sur Vex, Hérémence, la Forclaz, la Sage, la compagnie Volluz de la division Gay sur Vex et les compagnies Guex et Nicoud de la même division sur St-Martin.

-> L'expédition de Nendaz, Veysonnaz et des Haudères (utilisateurs enregistrés).

Le 4 avril, le commandant Gay entre avec les compagnies Guex et Nicoud à Evolénaz, et à midi il occupe déjà les Haudères, foyer du drame sanglant du 22 mars. Il fait assembler dans son logement le conseil de cette commune et là, en présence du corps d'officiers réuni, impose la capitulation ou plutôt la soumission. Le peuple des Haudères s'engage à:

- se constituer tous solidairement cautions pour la sûreté personnelle de M. le président Favre, du conseil de sa commune et de tous ses administrés.

- remettre la boutique de la tinne du sel et restituer le sel

- rendre les armes et les munitions d'Evolénaz et les armes et les munitions prises aux gendarmes

- payer à Evolénaz la pension des garnissaires

- payer une indemnité aux habitant d'Evolénaz qui ont été victimes de leurs mauvais traitements

- payer une indemnité aux gendarmes auxquels ils fait subir de mauvais traitements

- reconnaître le maintien de la séparation des communes d'Evolénaz et des Haudères

M. le colonnel Ganioz, arrivé le même jour avec les diverses colonnes citées plus haut, fit célébrer, le dimanche 5 avril aux Haudères, une messe à laquelle assista toute la troupe sous les armes, soit 800 hommes ; puis s'adressant à M. le curé de cette paroisse et le rappelant aux devoirs de son ministère, il lui dit en des termes affectueux, mais d'un ton solennel, qu'au lieu de fomenter la discorde et s'immiscer dans la politique, sa mission consistait à prêcher l'évangile et la fraternité et qu'il l'engageait, au nom de la religion, à opérer une réconciliation vraie et authentique entre tous ses paroissiens. M. le curé parut vivement ému et promit de suivre des conseils aussi bons que justes.

Le 6, M. le colonel Ganioz donna ordre à toutes les colonnes stationnés dans le dixain d'hérens de s'assembler en avant du pont du Rhône, et le même jour, à 3 heures, toutes firent sous ses ordres leur entrée dans la capitale. Là, la division Elie Gay fut licenciée immédiatement, après avoir rendu les armes à l'arsenal et reçu de son commandant le témoignage de satisfaction pour la bonne discipline qu'elle avait observée et le dévouement et le courage avec lesquels elle avait secondé ses efforts.

Un trait remarquable de discipline a été signalé durant la dernière prise d'armes. Une sentinelle placée à la poudrière, près Valère, et qu'on avait oublié de relever, y est demeurée pendant 48 heures. Elle y a été trouvée exténuée. Nous regrettons de ne pouvoir indiquer le nom de ce brave militaire.

Le carabinier Coutard de Sembrancher qui a été blessé au genou, à la prise de St-Léonard, et qui a subi l'amputation de sa jambe et les douleurs de sa maladie avec une résignation héroïque, vient de succomber, jeune homme de 22 ans, plein de santé et d'espérance ; c'est lui que le sort a désigné pour être la première victime de la conquête de nos libertés et notre indépendance. Citoyens valaisans, ne refusez pas une larme à ce brave et une consolation à sa famille.

Les députations des dixains de Louèche , Rarogne, Viège, Brigue et Conches, réunies à Sierre d'après l'invitation qui leur en avait été faite par la commission militaire, ont reconnu provisoirement le gouvernement. L'alternative leur ayant été laissée de reconnaître la constitution du 3 août ou de se séparer, elles ont demandé huit jours pour consulter le peuple et faire une réponse.

Aucun député du dixain de Sierre n'a assisté à cette réunion, ce dixain étant fermement résolu de ne pas se séparer des dixains occidentaux.

9 avril 1840 - Le Conseil d'Etat du Valais arrête:

1. Les communes des dixains d'Hérens et de Sierre se réuniront en assemblées primaires, le dimanche 12 du courant, dans l'après-midi, pour nommer les électeurs selon le prescrit de l'art. 5 de la constitution

2. Le collège électoral se réunira le lendemain au chef-lieu du dixain pour procéder aux nominations qui lui sont attribuées.

Le marché d'aujourd'hui, en ce samedi 11 avril, est très fréquenté par les habitants de la vallée d'Hérens qui, depuis plusieurs mois, n'y venaient que lorsque des affaires pressantes les y obligeaient. Tout nous porte à croire que la réconciliation entre les vainqueurs et les vaincus est sincère, et qu'une amitié franche unira à l'avenir tous les citoyens valaisans. Le peuple du centre est content d'avoir été forcé par les armes à reconnaître la constitution du 3 août. De tous côtés on n'attendait qu'une occasion, un prétextes pour se réunir de nouveau à la ville, sans laquelle ces vallées ne pourraient subsister. Un amour propre mal entendu les empêchait seul de se détacher du club de Sierre et de se rattacher à leurs frères du Bas-Valais. Maintenant que le sort des armes est venu décider la grande question valaisanne, tous le monde, le peuple du haut-Valais aussi bien que celui du Bas, s'applaudit du résultat de cette lutte. 'occasion si ardemment désirée de tendre une main fraternelle à des concitoyens s'est enfin présentée, et aujourd'hui tous les valaisans se confondent dans une même prière pour remercier le ciel de l'heureuse issue de cette affaire.

Le conseil d'état a ordonné l'élection des députés au grand conseil dans les dixains qui n'y avaient pas encore procédé. C'est le 20 de ce mois que les collèges électoraux des cinq dixains supérieurs vont se réunir pour la nomination des électeurs et le 21 va avoir lieu le choix des députés ; nous ne les connaissons pas encore.

Il paraît probable qu'aucune réunion du grand-conseil n'aura lieu avant l'époque de sa session ordinaire, qui est fixée par la constitution du 3 août au troisième lundi de mai. Une question de haute importance y sera débattue, celle des frais de guerre.

Nous espérerons que pour la satisfaction du peuple du Haut-Valais autant que pour celui du Bas, les meneurs devront apporter une partie de ces frais, qu'on ne se laissera pas aller à une modération excessive et voisine de l'imprudence vers laquelle on a été que trop souvent entraînés.

M. le curé Daniel Favre, d'Anniviers, nommé l'an dernier à Evolénaz, sera remplacé par M. le curé Joseph Woeffray, de St-Maurice. - On n'est jamais trop prudent.

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