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XVIIIème siècle - Les botanistes, la croix du col Collon et le peuple méfiant d'Yvoléna

Au XVIIIe siècle, peu d'événements importants viennent troubler la quiétude du patriciat qui gouverne sans partage. Si le Valais, par l'intermédiaire du service étranger, participe à la plupart des conflits européens de l'époque, la relative paix confessionnelle qui règne alors en Suisse entre protestants et catholiques évite aux Valaisans d'avoir à combattre sur le sol helvétique. La paix religieuse est définitivement reconnue en Valais. Au XVIIIe siècle, la ferveur catholique du patriciat est claire : elle se remarque notamment à travers les legs pieux, les fondations de messes et de chapelles. En outre, après la disparition de Stockalper, il n'y a pas de graves conflits d'influence à l'intérieur même du patriciat. Aucune personnalité ne domine, alors que le pouvoir se concentre de plus en plus entre les mains de quelques familles.

La société, elle, se transforme lentement. La population progresse faiblement en raison notamment des épidémies, telles la peste ou la variole, qui paralysent l'activité économique. Quant au monde paysan, il n'évolue guère par rapport à l'Ancien Régime. Le paysan tient ses terres des seigneurs et en dispose avec une grande liberté. Grâce à la dispersion de ses parcelles à travers le territoire et à la diversification, il est assuré d'un rendement convenable et régulier. Les charges, telle la dîme, qui pèsent sur le paysan sont importantes et le conduisent parfois à une très grande précarité. Progressivement, les habitudes de marché pénètrent dans le canton qui produit à peu près tout ce qui lui est nécessaire, à l'exception du sel, pour vivre. La Diète condamne le colportage mais ne peut en réalité empêcher cette pratique. La contrebande est aussi l'un des aspects de l'économie globale de l'Ancien Régime et pas seulement une activité marginale ou accessoire. Au XVIIIe siècle, de nouveaux produits comme le tabac pénètrent en Valais. Le réseau des routes est amélioré afin de favoriser le commerce et l'arrivée des premiers touristes: les botanistes !

Le val d'Arolla lieu de rencontre de botanistes

Bien que les études sur la flore du Valais entreprises d'une manière plus ou moins systématique n'aient commencé qu'avec Albrecht [Albert Victor] Von Haller (1707-1777), médecin, botaniste, politicien et écrivain bernois, des collecteurs de plantes y sont venus bien avant.

Johann Jacob Scheuchzer (1672-1733), médecin de Zurich, visita le Valais à deux reprises. Au mois d'août 1705 avec le maire de Zurich, Hans Jakob Leu (1650-1728), il voyagea de La Furka à travers la vallée du Rhône à Loèche, Loèche-les-Bains en sortant par le col de La Gemmi, et la deuxième fois en 1709 en entrant par La Gemmi à Loèche, Sierre, Sion, Martigny et Saint-Maurice.

Avec l'arrivée d'Albrecht von Haller à Bex comme directeur des sauneries de Bex et de Roche en 1758, l'intérêt et les connaissances de la flore valaisanne augmentèrent considérablement, grâce surtout aux voyages alpins botaniques des amis et collaborateurs de ce célèbre érudit bernois.

Le plus connu de ces collaborateurs, Pierre Thomas, contribua grandement à la connaissance de la flore valaisanne. En 1763, en compagnie de son fils Abraham Thomas (1740-1824), commerçant de plantes alpines, il entreprit un voyage en passant par le Pas de Cheville entre Gryon et Ardon à Zermatt, au Valtournanche, rentrant par le Col du Grand-Saint-Bernard. Ce collectionneur ajouta énormément à la connaissance de la flore valaisanne en visitant - souvent comme botaniste - les vallées alpines de Saas, de Saint-Nicolas, de Bagnes, d'Anniviers, d'Hérens et de Binn ainsi que les montagnes du Grand-Saint-Bernard, du Cervin, du Simplon, de La Fourche [Furka], du Grimsel, de La Gemmi, du Senin [Sanetsch], etc. Ce n'est pas sans raison qu'il fut nommé «le botaniste de la montagne».

Pendant qu'Albrecht von Haller était directeur des salines de Bex (1758-1763) il employa comme précepteur de ses enfants un jeune étudiant en théologie de Berne, Johann Jacob Dick (1742-1775), plus tard pasteur à Spiez (1765-1770) et Bolligen (1770-1775). Dick était un botaniste zélé et récolta beaucoup de plantes pour son employeur en Valais. Un premier voyage le conduisit dans les vallées de Saas et de Saint-Nicolas, les vallées d'Antrona, Antigorio, Formazza sur territoire italien à travers le Col du Gries et du Grimsel aux sources de l'Aar.

Pendant le deuxième voyage à travers le Valais Dick visita le Val d'Hérens et le Val d'Arolla et les alpages de la Montagne d'Arolla, Pra Gra, Rouxel et La Crêta en rentrant par le Valtournanche en Italie et le Val de Bagnes.

On ne connaît que les noms d'autres personnes rapportant des plantes à Albrecht von Haller pour sa splendide «Historia Stirpium indigenarum Helvetiae inchoata», publiée en trois volumes en 1768 à Berne et Lausanne, dont un certain Morérod (plantes du Val d'Hérens)

En 1738, taxe et partage des immeubles, dont des mayens d'Arolla, de feu le bourgmestre Jacques Arnold de Kalbermatten et de son épouse Pétronille Fabry entre ses enfants Grégoire, capitaine lieutenant; Bruno, major; François Xavier, grand châtelain de Bramois; Barthélemy, gouverneur, Gabriel, lieutenant; Anne Marie et Pétronille.

L'année suivante, division des biens entre les cinq fils Grégoire, Bruno, François-Xavier, Barthélemy et Gabriel de Kalbermatten.

La « girouette » du col Collon

Les fluctuations glaciaires intervenant depuis le XIVème siècle n'ont – pour l'instant - pas porté préjudice au passage du col Collon. Même si les échanges commerciaux s'y éteignent progressivement, des sentiers, tracés à même le glacier ouvrent toujours, à la belle saison, un passage - quoique difficile - au bétail sur le versant nord. En 1743, un envoyé du roi de Sardaigne affirme d'ailleurs qu’on peut toujours y passer, mais seulement en été.

Y sera « fixée » une petite croix de fer, disparue aujourd'hui mais dont fait mention l'abbé Henry dans son guide du Valpelline paru en 1925 : « Sur les rochers du col il y a une petite croix en fer portant la date 1754 : lorsque que les Bioneins passent là, ils tournent la croix du côté de Bionaz ; quand passent les valaisans, ils tournent la croix du côté du Valais ».

Le passage apparaît clairement chez Walser (1768) sous le signe correspondant aux "Via per Alpes. Wege und Strassen über Hohe Gebirge und Alpen"; une indication supplémentaire indique sa destination: "Augst Thal" (vallée d'Aoste).

1775, Sentence diètale dans un litige entre la commune de Saint-Martin et la vallée d'Hérens et les consorts de l'alpe de Pragraz. On conteste la validité d'un jugement dont l'auteur était juge et partie.

Antoine de Kalbermatten, ancien procureur de Sion, et son neveu Alphonse de Kalbermatten vendent pour le prix de 200 écus à Grégoire de Kalbermatten, colonel et général en Piémont, cinq fonds de vache dans la montagne d'Arola.

->généalogie de Kalbermatten (utilisateurs enregistrés)

La vallée d'Hérens dans la littérature
Pour n'avoir guère été fréquentée et parcourue que depuis 1840, la vallée d'Hérens - « le pays le plus Valaisan du Valais » n'en occupe pas moins une place enviable dans la littérature alpestre.

En 1781, une première mention de la région d'Evolène paraît dans la « Description des Alpes pennines et rhétiennes » du genevois Marc-Théodore Bourrit, considéré comme le fondateur de la littérature alpine.

Chantre de l'Église Cathédrale de Genève & Pensionnaire du Roi de France, Bourrit (1739-1819) est un alpiniste à la fois chantre, compositeur, artiste peintre, graveur, voyageur, écrivain et historiographe suisse, considéré, avec Horace-Bénédict de Saussure (avec qui il a tenté plusieurs fois l'ascension du Mont-Blanc en vain) et Jean André Deluc, comme un pionnier de l'exploration des Alpes et de l'alpinisme. Il consacra sa vie à la montagne, adorait la haute montagne, la comprenant par moments, sans savoir pour autant s'y adapter, redoutant le froid, mal équipé, mal chaussé, portant un parapluie rouge pour traverser les alpages où estivaient les vaches. Chacune de ses sorties se transformait en aventure cocasse, mais il persévérait dans sa passion. Ses compagnons d'occasion, Saussure, Murith (en compagnie duquel il visita le glacier d'Otemma avant 1781), prieur du Grand St-Bernard, ses guides mêmes, se lassaient très vite de cet homme qui marchait mal et parlait trop!

Au chapitre XVI de son ouvrage, titré « De la vallée d'Hérens, d'une belle perspective du Valais & des Crétins des Alpes », il relève quelques particularités locales tout en nous dépeignant un haut val d'Hérens de manière parfois extravagante.

«  L'entrée de cet agréable vallon est fort resserrée, le chemin qui y mène est souvent si dangereux que les habitans se voient pendant l'hiver dans l'impossibilité de sortir de leur vallée.

L'extrémité de la vallée, du côté du Sud est fermée par le grand glacier de Bagnes: il faut avouer que c'est quelque chose de bien singulier qu'une montagne de glace au-dessus des plus beaux bois et des plus riches pâturages.

Ces glaces semblent vouloir, chaque jour, disputer le terrain aux habitans qui ont leurs maisons près d'elles; c'est sous ce glacier que la rivière de la Borgne prend sa source ; on la voit sortir fumante du sein des glaces ; un mugissement sourd fait présumer qu'elle agit avec force sur son lit & les parois du glacier. Les habitans simples, bons, droits, bienfaisans, hospitaliers, sont presque tous dans une honnête médiocrité: on y est sobre, on y boit peu de vin, on s'y nourrit de viandes salées, de légumes & de laitages, surtout de fromage rôti.

La plus grande partie des hommes sortent de chez eux pendant l'été pour faire le fromage dans leurs montagnes, dans celles du Valais & du Duché d'Aost: pendant cette saison, les femmes sont obligées de faucher les foins, de faire seules la récolte & les travaux les plus pénibles de la campagne, mais en échange les hommes, une fois de retour de leur caravane, se chargent seuls des travaux & du foin du bétail. »

8 juin 1783, éruption du Laki (Islande), le "volcan de la révolution"
Sur une distance de 25 km, 130 cratères émirent, entre 1783 et 1784, 14 milliards de m³ de lave basaltique, d'acide fluorhydrique et de dioxyde de soufre, causant l'éruption volcanique la plus importante des temps historiques, avec des conséquences catastrophiques pour l'Islande et de très importantes perturbations météorologiques en Europe : inondations, pollution, brouillard toxique, le Laki fera 160'000 morts dans toute l'Europe.
8 juin 1783. D'abord explosive, l'éruption continua en émission de lave pendant plusieurs mois, jusqu'en février 1784. L'Islande, aux premières loges, se verra recouvrir de cendres. 50 à 80 % des animaux d'élevages périrent et la famine qui suivit décima le quart de sa population. Un anticyclone puissant et durablement centré sur le nord de l'Atlantique enverra les fumées vers l'Europe : 122 millions de tonnes de dioxyde de soufre, soit l'équivalent de trois fois les émissions industrielles annuelles en Europe et l'équivalent de l'éruption du Pinatubo en 1991 tous les 3 jours !!

L'Europe occidentale fut ainsi recouverte d'un épais brouillard sulfuré - se déposant en partie au sol - provoquant des milliers de morts durant 1783 et l'hiver 1784. Les années qui suivirent furent marquées par des phénomènes météo extrêmes: sécheresses et hivers très rigoureux accentuant le petit âge glaciaire.

La ligne de grain orageux - grêlons jusqu'à 5 kg - qui traversa la France du sud au nord en été 1788 détruisit la quasi totalité des récoltes du pays. La situation des paysans fut si désespérée que la révolution éclata en 1789 : le Laki n'en sera pas l'unique cause, mais un de ses détonateurs tant son influence aura été considérable.

La vallée d'Hérens, de Saussure en a cure

Le genevois de Saussure qui décrivit tant de glaciers, de montagnes et vallées, ignore le val d'Hérens.

Le premier à s'y intéresser après Marc-Théodore Bourrit est le docteur Desloges, l'auteur de l'original Voyage d'un convalescent dans le Département du Simplon (1813), qui dans une lettre ne manquant pas de« piquant » au Journal de Lausanne parue le 11 février 1791, fait part de ses souvenirs :

« En arrivant à Yvoléna, on ne sait où se loger; le peuple méfiant à l'excès ne peut se persuader que les étrangers qui vont chez lui soient des honnêtes gens. Si l'on n'est ni boucher ni marchand, on est aussitôt regardé comme suspect. Je prenais des notes et demandais différents passages... on voulait me chasser comme un espion. Mais, M. le curé s'arrêta en m'entendant parler latin et décréta qu'il me donnerait une soupe et me mettrait coucher dans une grange hors du village. Un discours soutenu sur la médecine, l'histoire naturelle et celle du pays mit M. le curé dans l'embarras. La méfiance lui suggéra de me faire voir ses armes et munitions et de me raconter quelques exploits héroïques dans des rencontres avec des brigands qui avaient des culottes comme moi. On me fit coucher finalement dans une chambre... »

« Le peuple d'Yvoléna est méfiant à l'excès, son caractère d'ailleurs est bon, officieux, généreux et naturel, mais ses usages sont grossiers. Le songe, en changeant de lit, le cri du renard, le chant des oiseaux sont leurs augures. On craint revenants, sorciers et magiciens ; on y prétend posséder le secret d'arrêter les voleurs sur le lieu même du délit. Un homme qui arrosait dans un pré et qui me demandait si j'étais magicien et à qui j'offris 2000 écus s'il se donnait corps et âme à moi, s'enfuit à perdre haleine en faisant le signe de la croix. Il me prit probablement pour le diable... »

1795 - Johann Gottfried Ebel - Instructions pour un voyageur
Johann Gottfried Ebel (1764-1830), géologue et statisticien allemand, né à Zullichau en Prusse mais qui s'établira dès 1801 en Suisse, publie plusieurs ouvrages destinés au voyageur géologue dont le célèbre «  Guide pour faire le voyage de Suisse de la manière la plus utile et la plus agréable ». Paru en 1793, cet ouvrage donne les directions à suivre et tous les renseignements nécessaires pour recueillir tout le fruit et toutes les jouissances que peut se promettre un étranger qui parcourt ce pays-là.

En 1795, nous trouverons, dans la première édition française sous le titre: Instructions pour un voyageur (trad. de F. de Landrys), une mention du val d'Eringen.

« Ce qui mérite d'être vu c'est l'hermitage, dans la Seigneurie de Brenis, qui n'est pas fort loin de la ville. - Le Château de l'évêque, la salle d'assemblée des députés du pays. - L'arsenal. - Les couvents. - Le chapitre des chanoines. - Le séminaire. On voit à Sion quelques cretins. La chaleur y est excessive en été, le thermomêtre de Réaumur y monte quelquefois, à l'ombre, jusqu'à 25 degrés. - la route de Sion à Sierres est riche en vues également belles et variées ; dès qu'on est derrière la ville, on voit la rivière de Borgne sortir avec impétuosité d'entre les montagnes opposées, après avoir parcouru la vallée d'Eringen, qui a douze lieues de longueur, et qui est très remarquable par ses cascades, ses vues en tous genres, ses glaciers, et les minéraux qu'elle renferme. »

Dans l'index de la nouvelle édition qui paraîtra en 1820, Eringer-thal (la vallée de l'Hérens), en Valais, est qualifié de « quasi entièrement inconnu. »

1798 - Le col Collon aboutit faussement dans le Val Tournanche!
Dans l'Atlas Suisse (14/1798) - ouvrage critiqué par différentes revues de l'époque car élaboré sans l'utilisation de la triangulation – Johann Heinrich Weiss (1758-1826) mentionne un passage au fond du val d'Hérens qu'il juge dangereux entre « La Role » et le « Val Tournanche »...
A la fin du XVIIIe siècle, un certain nombre de sujets des seigneurs Patriotes se plaignent de situations difficilement supportables résultant notamment du statut de certains paysans. De plus, plusieurs abus sont signalés, notamment en ce qui concerne les revenus du représentant des Sept Dizains, tirés habituellement des amendes payées par les justiciables. Les idéaux révolutionnaires venus de France pénètrent en Valais et prépareront le cataclysme de 1798, que l'État patricien ne semble guère avoir imaginé
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