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XVIIème siècle - La dynastie de Riedmatten, le chalet d'Adrien IV, La chapelle St Barthélémy, le Chancelier

et première mention d'Arola sur une carte

Au voisinage de Berne, cité protestante et conquérante, le Valais s'est ouvert aux idées nouvelles, mais en 1604, la Diète exigera la conversion des réformés ou leur départ du pays. Toutefois, la conversion au catholicisme de plusieurs notables protestants, notamment pour des raisons politiques (dont celle du futur grand bailli Michel Mageran en 1624), la politique ferme de quelques évêques, dont Adrien II de Riedmatten (1604-1613) et Hildebrand Jost (dont Saint François de Sales assistera au sacre en 1614), la prédication des capucins (dès 1602) et l'enseignement des jésuites ramenèrent le Valais au catholicisme.

Au niveau politique, l'importance des VII dizains s'étant considérablement accrue, ces communautés, qui, dans les guerres de Rarogne, avaient définitivement anéanti l'aristocratie féodale, tourneront en ce XVIIème siècle leurs armes contre le pouvoir temporel des évêques. Les luttes de la démocratie naissante ébranleront le siège d'Adrien II de Riedmatten mais se déchaîneront avec fureur sous l'épiscopat d'Hildebrand II Jost qui, en 1618 sous la pression du grand bailli Nicolas Kalbermatter, n'aura d'autre alternative que de reconnaître les VII dizains comme pouvoir suprême et protecteur de l'Église...

Mai 1618, le grand bailli, ancien grand châtelain d'Hérens et délégué du Valais auprès des Confédérés et du roi de France, Nicolas Kalbermatter - présent en 1600 lors de l'établissement des droits à l'alpage d'Arollaz - y achète un pré et 13 fonds de vache.

La même année, une obscure querelle entre protestants de Bohême et Matthias, empereur d'Allemagne et roi de Bohême, par ailleurs catholique, fait éclater le premier grand conflit des Temps moderne : la guerre de Trente Ans. Cette guerre semée d'atrocités et de massacres en tous genres ruinera pour longtemps l'Europe centrale tout en abaissant l'Allemagne. En 1621, 306 de nos soldats furent mobilisés et parurent au château de la Majorie à Sion.

En 1625, le chanoine de Sion vend à Michel Mageran, alors gouverneur de Monthey, un mayen "in Montata" et un droit d'alpage à "l'Arollaz". Une année plus tard, devenu colonel en Savoie et banneret de Loèche, il achètera au doyen de Sion, procureur de Christina Hallabarter de Rarogne, tous ses droits sur un mayen à la montagne d'Arola.

La République du Valais

Au début du XVIIème siècle, un nouveau parti prend naissance, celui des francs-patriotes, dont les chefs apparentaient à la magistrature haut-valaisanne. Ces derniers se mirent à contester violemment la légitimité des droits du siège de Sion, droits qui, cependant, avaient été confirmés par les empereurs: La « Caroline », prétendue donation du comté du Valais faite par Charlemagne à l’Eglise de Sion, est abolie. Le chapitre de la cathédrale et l'évêque se virent contraints à déclarer qu'ils reconnaissaient les VII dizains pour un pays libre, de régime démocratique et possédant l'exercice de la souveraineté. Ils consentirent que le grand-bailli convoquât les diètes, assermentât les gouverneurs, fût investi du pouvoir suprême et qu'il reçût le serment de l'évêque élu (1613-1634).

Les Patriotes concrétisent leur rêve: séparer le temporel du spirituel. Sous l'impulsion du bailli Michel Mageran, le Valais marche vers le centralisme : les pouvoirs de la Diète s'accroissent et une caisse d'État est crée. Dès lors, le siège de Sion ne conserva plus que quelques lambeaux de souveraineté: le droit de grâce, la présidence de la Diète, la nomination des notaires, etc. Les noms de comte et préfet du Valais, de prince du Saint-Empire romain, inscrits en tête des chartes épiscopales, ne furent plus que des titres honorifiques. Les succès de la démocratie ne furent obtenus qu'au prix d'une longue et douloureuse lutte. Hildebrand II fut contraint de fuir le Valais, et le chef du parti épiscopal payera de sa tête son dévouement à son prince. Le système gouvernemental qui remplaça celui des évêques se maintiendra jusqu'à la fin du XIXème siècle.

Traités de Westphalie

La conférence réunie en Westphalie à la fin de l'été 1648 - qui signe la fin de la guerre de Trente Ans - a un caractère inédit sinon révolutionnaire. C'est en effet la première fois que se retrouvent autour d'une table de négociation les grands États d'Europe. Et c'est la première fois aussi que sont définies les relations entre les États dans le respect de la souveraineté de chacun.

Il n'est plus question comme au Moyen Âge d'une chrétienté occidentale unie autour d'une foi commune sous la haute autorité du souverain pontife. Chaque monarque est désormais maître chez lui, y compris en matière religieuse!

L'indépendance du Valais à l'égard du Saint-Empire a-t-elle été reconnue par les traités de Westphalie, en 1648, en même temps que celle de la Confédération suisse?

La libération juridique du Valais à l'égard du Saint-Empire par les actes de la paix de Westphalie reste assez problématique et a été discutée en Valais au XVIIIème siècle. L'abbé Schiner a soutenu la libération, le Bailli Burgener, plus prudent, a simplement fait remarquer que l'empereur ne l'avait jamais admise, et qu'il valait mieux fonder la liberté du pays sur les faits. L'empereur aurait-il pu reconnaître le Valais comme République indépendante sans se heurter au droit canonique ou féodal. Néanmoins, elle ne nie pas que le Valais se soit érigé en République, et c'est déjà beaucoup que l'on ne soit pas revenu sur ce fait.

Entre 1645 et 1647, le chevalier Jacques Kalbermatter, trésorier de Sion, se procure dix fonds et demis de vaches à la montagne d'Arollaz, dont ceux acquis par feu Nicolas Jouri d'Orsières en 1629.

Au voleur !

Février 1647, le châtelain de la ville et baronnie de Sion Aymon Fregant donne ordre de mettre en arrêt Antoine Cantrovaz, originaire de Savoie, demeurant au val d'Hérens et accusé de vol.

L'accusé avouera divers vols dont certains commis à Arollaz. Il sera condamné à la peine capitale, sentence de mort confirmée par le châtelain du dizain de Sion Jacques Kalbermatten. L'évêque élu Adrien IV de Riedmatten gracie le condamné qui sera chassé du pays l'oreille droite fendue après avoir été fouetté.

Adrien IV de Riedmatten

Elu évêque de Sion par la Diète et le Chapitre en 1646, Adrien IV de Riedmatten va s'empresser de faire renouveler les décrets contre les réformés. Les jeunes ne peuvent plus fréquenter les pays protestants pour y étudier ou apprendre un métier. Les protestants doivent quitter le pays.

Les Jésuites s'installent à Sierre et à Brigue pour assurer l'instruction de la jeunesse. Un couvent d'Ursulines peut s'élever à Brigue. Les évêques qui succéderont à Adrien IV feront tour à tour adopter la réforme du calendrier grégorien au Haut-Valais, prescrire la récitation du chapelet dans toutes les églises paroissiales les dimanches et les jours de fête, prêcher des missions par des Jésuites et s'opposer au Jansénisme.

En 1656, Adrien IV porte décret et sentence en faveur de la communauté d'Evolène contre Michel Wyss, citoyen de Sion et allodiateur de l'alpage d'Arolla qui voulait pâturer avec son bétail sur l'alpage le quinzième jour avant la Saint-Jean : le parcours sur les communaux avant l'inalpe reste un droit réservé aux bourgeois et ce malgré protestations et procès.

En 1665, il achète le sixième d'une maison et d'une grange qu'il possède à « La Lex » sur territoire d'Arolla ainsi qu'un pré à « lax Ressery », maison qui, après rénovation, deviendra dès 1666 « le Giétro de Monseigneur », alias « le chalet de l'évêque ».

En 1671 Adrien IV achète pour ses neveux dix droits d'alpage à Arolla, du châtelain Antoine Wys, un pré de 2 fauchées.

A sa mort en 1672, l'évêque Adrien IV de Riedmatten donne, par testament, aux enfants de spectable Joannes de Riedmatten, son frère, tout ce qu'il peut léguer de ses biens mobiliers et immobiliers, selon les statuts du Valais et les franchises de Sion et autres lieux de situation des biens, avec charges et honneurs.

En 1671, Achat en faveur de Jacques de Riedmatten, petit-fils d'Adrien Ier de Riedmatten, oncle d'Adrien V et seigneur de Saint-Gingolph, fait de Pierre Mageran, bourgeois de Loèche, du droit d'herbage de 2 vaches en l'alpe d'Arola.
Impraborna, Impraborno, Impraberna imbroglio Sur les cartes du XVIIème, que ce soit sur celle de « la Suisse et ses confins » de Gerhard Mercator (1628), sur celle du « duché de Savoie » de Jodocus Hondius (1630), sur la « Carte du Païs de Vallais » de Pierre Du Val (1675) ou encore celle de « La Suisse divisée en ses treze cantons, ses alliez & ses sujets » de Nicolas Sanson (1696), nous découvrons au sommet du val d'Hérens la mention d' «Impraborno», «Impraborna» ou «impraberna». Tiré de « pra borne » (en français Praborgne), ce terme signifie prairie fermant la vallée (pra = prairie = matten en allemand).

Praborgne désignant le village de Zermatt (dans des documents datés de 1239 à 1448, la rivière de la vallée de Zermatt s'appelait d'ailleurs « Borny », « Bornie », Borgne), on pourrait penser qu'il s'agit là d'une erreur, mais du point de vue historique, une autre théorie se dessine, bien plus intéressante: le col d'Hérens.

Autrefois pratiquable et plus facile d'accès, ce passage était très fréquenté car il était le chemin le plus court pour les habitant de Praborgne (Zermatt) qui se rendaient à Sion une fois l'an en pèlerinage.

Au cours du XVème siècle, plusieurs familles zermattoises ont fini par s'installer dans la partie supérieure du val d'Hérens.

En 1443, une communauté entière s'est établie dans le hameau de Villa, justifiant à lui seul le terme d'« impraborno » sur les cartes !

Le 20 mai 1666, sur décision d'Adrien IV de Riedmatten suite aux demandes des zermattois qui rencontraient de plus en plus de difficultés à franchir le col (refroidissement climatique), le pèlerinage fut remplacé par une procession qui descendait jusque dans la région de Täsch (le passage figure encore en pointillés sur la carte du valais dessinée par Lambien en 1682).

L'étau glaciaire se resserre sur le col Collon

Malgré les bonnes relations et une nouvelle convention de bon bon voisinage signée à Légéta, au fond du val d'Aoste entre la Valpelline et le Val d'Hérens en 1609, le col Collon sombre peu à peu dans la solitude.

En 1656, le chemin de Sion, défectueux entre Vex et Euseigne, est remplacé par une nouvelle route, rapprochant ainsi le haut de la vallée de la plaine du Rhône. Le petit âge glaciaire, sévissant de 1560 à 1830, jettera quant à lui un froid sur le passage durant la période du « minimum de Maunder » de 1645 à 1715, période qui vit les glaciers avancer et rendre le franchissement du col plus difficile.

En 1694, on y passait encore du bétail, mais moins fréquemment...

Adrien V de Riedmatten, ses chapelles et son sommet
Mentionnée dans un acte de 1647 et construite en un endroit solitaire sur le chemin d'Arolla, sans doute pour que les voyageurs soient protégés contre le danger des avalanches et les esprits malfaisants, la chapelle St-Barthélémy, alors en bois, fut reconstruite en pierre en 1687 par ordre de l'évêque Adrien V de Riedmatten.

En 1695, Mgr Adrien V de Riedmatten accorda une indulgence de 40 jours à quiconque récitera 5 pater et Ave devant la chapelle de la Garde, chapelle construite vers l'an 1620 au lie dit « La Garde » ou place du guet, à la limite de la paroisse et dédiée à la Ste-Vierge et après 1700 aussi à S. Gothard.

Comme nous l'avons vu au XVIème siècle, la pointe de l'Evêque et son col ont été nommés ainsi par ou en l'honneur d'un ou de plusieurs évêques.

Sachant que Mgr Adrien V de Riedmatten, (neveu d'Adrien III et frère du futur grand bailli Pierre de Riedmatten) était, avant d'être nommé évêque et recteur de la Trinité, le chancelier de Mgr Adrien IV de Riedmatten et que les neveux de ce même Adrien IV lui cèdèrent en 1696 tous les biens reçus en héritage en 1672, la Pointe de l'évêque, son col (La Mitre de l'Evêque a été baptisée ainsi lors de sa première ascension par Cust le 22 septembre 1879) ainsi que le Chancelier pourraient bien avoir été nommés ainsi par ou en l'honneur d'un de ces deux évêques, ou même des deux!

Le col de Riedmatten
Passage déjà connu depuis fort longtemps, le col de Riedmatten devrait son nom à l'évêque Adrien III de Riedmatten qui l'aurait franchi avant de passer le Col Collon pour se rendre à Aoste puis jusqu'à Rome, itinéraire qu'il aurait emprunté afin d'éviter un légat envoyé par Rome et qui arrivait par le col du Simplon.

Il est cependant difficile de déterminer avec certitude quel évêque de Riedmatten a donné son nom au col, étant donné qu'il y en a eu six entre le XVI et XVIIème siècle: Adrien I (1529-1545), son petit fils Hildebrand I (1565-1604), son arrière-petit fils Adrien II (1604-1613), son arrière-arrière-arrière-petits fils Adrien III (1640-1646), son arrière-arrière-petit fils Adrien IV (1646-1672) et son arrière-arrière-arrière-arrière-petits fils Adrien V (1672-1701)...

->aperçu généalogique des "de Riedmatten" (utilisateurs enregistrés)

1675 , Jacques de Riedmatten, capitaine du dizain de Sion et seigneur de Saint-Gingolph, agissant au nom de sa fille Anne Françoise, religieuse du couvent de Brigue, donne à Jean François de Riedmatten, vice-major de Loèche, la moitié de tous les biens et droits venant de sa défunte épouse, Anne Barbe Tornery, dans le dizain de Loèche et à l'alpage "Nava". En échange, il reçoit de Jean François de Riedmatten, entre autres, tous les droits d'alpage à Arolla et "in Meyna".

1682, première mention d'Arola sur une carte (carte Lambien), à l'ouest de la Dent Blanche (Wys Zänehorn) et du Cervin (Matter Dioldin).

1694, Stephanus Wÿs de Sion, capitaine de France, vend à Petrus Mauritius de Riedmatten, fils de Jacques de Riedmatten et neveu d'Adrien III, conseiller, seigneur de Saint-Gingolph et chevalier apostolique, le droit d'alper 2 vaches et demie à l'alpage de l'Arolla.

1696, Sion. Les héritiers de Joannes de Riedmatten (Adrien, Joannes, Petermannus, Hiltebrandus), pour eux et leurs frères cèdent à Adrien V, évêque, recteur de la Trinité, tous les droits d'alpage reçus de leur oncle Adrien IV de Riedmatten.

->dossier complet (utilisateurs enregistrés)
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